Le père du
krumping, c'est lui :
Thomas Johnson. Venu à L.A. pour dealer, il se retrouve en prison. A sa sortie, il est métamorphosé et devient éducateur à South Central, « le quartier où sifflent les balles ». Déguisé en
clown, portant une énorme perruque afro arc-en-ciel, il devient
Tommy le Clown, « le clown qui danse le hip hop », pour animer les anniversaires et apporter un peu de divertissement aux laissés-pour-compte des quartiers. En 1992, suite aux émeutes raciales générées par l'affaire Rodney King, il développe un genre nouveau d'expression artistique, une danse déjantée qui fait de lui une star du ghetto
Les enfants et les ados adorent ce modèle positif.
Le message de Tommy est clair : « Si vous voulez sauver votre peau, ne portez pas les couleurs d'un gang ! »
Larry, un de ses plus anciens disciples, confirme : « Le Watts (quartier chaud de L.A., ndlr), c'est la fosse aux lions. Si t'es un
clown, on te fiche la paix ». Les jeunes qui suivent Tommy vivent à Inglewood ou South Central, les pires quartiers de la Cité des anges. Pour eux, c'est un moyen d'évasion. « C'est cool de faire le
clown mais le plus dur, c'est la vie au-dehors, la violence, les meurtres en pleine rue. Tu peux te faire buter pour rien », précise l'un d'eux. « Faites les
clowns mais pas les marioles, sinon, vous savez où vous allez finir ! » lance Austin Harris, le vendeur de cercueils du coin, en jetant un ½il sur ses modèles...
ABAR